Merci au Café pédagogique qui consacre un bel article à Photo de classes de Frédérique Blu.
« De quoi est faite la vie de celles et ceux qui enseignent en classes maternelles et primaires ? C’est ce que raconte en treize micro-récits de quelques pages ce très joli ouvrage de Frédérique Blu, intitulé Photo de classes. L’autrice y rend hommage à celles et ceux qui vivent l’école et la font vivre, jour après jour, sur le terrain : « les cantinières, les parents, les dames de service, les enfants, les enseignants qui débutent, ceux qui ont de la bouteille, ceux qui s’y usent, ceux qui doutent, ceux qui rêvent encore … ». Treize nouvelles tissées de sourires et de chagrins, qui donnent des nouvelles de ce pays de l’enfance « où tout ce qui arrive pour la première fois, cadeau ou blessure, laisse une marque indélébile ».
Entre parachutage en milieu inconnu et organisation de sorties scolaires, défaillance de l’institution et charge mentale permanente, pots de départ en retraite et matériel en panne, réunions pédagogiques et rituels des photos de classe, l’autrice témoigne de la réalité d’un métier qu’elle connait bien pour l’avoir exercé pendant de nombreuses années.
A travers treize situations, qui pour beaucoup d’entre elles sont le lot quotidien, souvent fait d’imprévus, des professeur·es des écoles, elle dépeint les gestes professionnels à apprendre, le réel auquel il faut se confronter, la solitude et la solidarité, les réussites qui motivent et les drames qui ébranlent, le monde qui est là et qui entre dans l’école sans qu’on l’y attende.
Il y a Jeanne, sa classe de GS/CP, et le petit Milo rêveur « ensaché dans son K-way pistache », qui suit ses rêves et son ami papillon ; Julien, le maitre de maternelle, qui n’en finit pas d’entendre résonner les mots, « [balbutiés] d’une voix fluette », par la petite Juliette, et qui a si peur de « participer à la grammaire du silence sous prétexte du doute ».
Il y a Alwa, sa grande fatigue et les « quatre bouilles ravies » jumelles de sa classe de CE1/CE2 qui ont deviné avant elle ce qu’elle n’avait pas compris ; Léontine, la maitresse expérimentée, qui s’est promis de ne jamais oublier « la morsure de l’humiliation, l’injustice, la bêtise des adultes » et ses cinq ans frondeurs.
Il y a Mila, la « petite fille éponge » qui ne sait pas comment faire avec Emma, la maitresse de CM2 qui « n’a aucun dessin derrière son bureau » ; Jérémy, la recrue novice qui fait ses « premières armes » dans une classe de « vingt-neuf gamins de onze nationalités différentes », et partage avec Kyllian, l’enfant à besoins spécifiques pour lequel rien de spécifique n’est prévu, une « échappée salvatrice ».
Il y a aussi Marie, Martine, Alec, Laura, Josette, Mona, Baptiste, Louise…
Et puis, il y a Adda et Fatou, dont on ne dira rien, car la peine est trop grande.
Tristesses qui étreignent, bonheurs qui enchantent, révoltes qui libèrent, sourires qui consolent : des histoires de femmes et d’hommes qui bataillent et font de leur mieux, envers et contre tout. A découvrir et à partager, comme autant de « trace[s] de cette intensité partagée », chaque année, dans une classe d’école. »
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Claire BEREST | Le Café pédagogique | MAI 2026

